zondag 30 juni 2013

Kyrgyzstan, Sulaiman-Too Sacred Mountain

Sulaiman-Too Sacred Mountain Kyrgyzstan dominates the Fergana Valley and forms the backdrop to the city of Osh, at the crossroads of important routes on the Central Asian Silk Roads. For more than one and a half millennia, Sulaiman was a beacon for travellers revered as a sacred mountain. Its five peaks and slopes contain numerous ancient places of worship and caves with petroglyphs as well as two largely reconstructed 16th century mosques. One hundred and one sites with petroglyphs representing humans and animals as well as geometrical forms have been indexed in the property so far. The site numbers 17 places of worship, which are still in use, and many that are not. Dispersed around the mountain peaks they are connected by footpaths. The cult sites are believed to provide cures for barrenness, headaches, and back pain and give the blessing of longevity. Veneration for the mountain blends pre-Islamic and Islamic beliefs. The site is believed to represent the most complete example of a sacred mountain anywhere in Central Asia, worshipped over several millennia.



[in French only]
Le site de la ville semble s'être déplacé vers la montagne à l'époque médiévale. Jadis, elle se trouvait plus au sud, à Ak-Buura, site qui, d'après les fouilles qui y ont été réalisées, remonte au IIIe siècle avant J.-C.
La plus ancienne mention de la montagne se trouve dans un écrit chinois du XIIIe siècle, qui fait référence à une « ville dans une montagne très révérée » et à l'une des villes Davan (c'est-à-dire probablement une ville fournissant des chevaux Davan). À la fin du XIIIe siècle, le nom Barak est attesté, et au XVe siècle on connaissait la montagne sous le nom farsi de Bara-Kukh, ce qui signifie « qui se dresse de manière isolée » ou « belle montagne ». Le nom moderne se rapporte à une légende arabe évoquant le séjour dans la montagne du prophète Sulaiman, le Salomon biblique, et fut consigné pour la première fois au début du XVIIIe siècle.
Aucune référence écrite à l'importance religieuse de la montagne n'apparaît avant le XIXe siècle et le début du XXe siècle. En 1812, Mir Izet Ulla, employé pakistanais de la East Indian Company écrivait dans ses mémoires : « Chaque printemps, des foules de pèlerins de nationalités diverses affluent ici, venus de tous les pays voisins. » Un officier russe du nom de Nazarov visita Osh vers la même époque et mentionna « deux édifices anciens, et une grande grotte en dessous... [les] bâtiments, sont nommés « Takh- Sulaiman », et chaque année les Asiatiques viennent en ce lieu pour l'adorer ; ils croient que des esprits vénèrent Salomon à cet endroit ».
Au milieu du XIXe siècle, Valikhanov, s'appuyant sur les comptes rendus de tiers, écrivait : « ...Mahomet connaissait l'existence de cette ville et avait pour précepte que chaque véritable croyant devait se rendre au moins une fois dans sa vie aux sanctuaires de Osh. (...) Pour vénérer ces lieux, les pèlerins et leurs familles venaient ici chaque année depuis Kokand, Margilan, Andijan et d'autres villes de la vallée du Fergana. »
Et en 1887, Simonov écrivit : « ...Presque au sommet de son pic oriental se trouve un mulushka (une sorte de chapelle ou de mausolée)... [qui] est l'objet d'un culte pour de nombreux pèlerins qui se rassemblent ici et viennent de toutes les contrées du Turkestan, même les plus lointaines. »
De ces comptes rendus, il ressort clairement un lien entre l'importance religieuse de la montagne et l'islam. Simonov fut toutefois le premier auteur à mentionner la croyance dans les vertus curatives des autres sanctuaires de la montagne : « Des autochtones souffrant de maladies diverses viennent ici parce que toute la zone autour du mulushka abonde en monuments (...), capables de guérir tous les maux possibles. »
Au début du XXe siècle, Masalskiy puis Castaniye évoquèrent tous deux les vertus thérapeutiques des lieux de culte, à l'instar de plusieurs auteurs de l'époque soviétique.
C'est à partir du XIXe siècle que des scientifiques et des étudiants russes commencèrent à recueillir et à analyser des légendes associées à la montagne. Les études sur le folklore se sont poursuivies à l'époque soviétique et, en 1987-1989, le ministère de la Culture organisa une expédition spéciale pour recueillir des informations sur la montagne et sur la microtoponymie de ses pics, de ses grottes, de ses lieux de culte mineurs et d'autres caractéristiques, mais aussi sur le culte et les rites sacrificiels qui y étaient pratiqués.
Bien qu'il n'existe aucune trace documentaire ancienne des pratiques rituelles préislamiques dans la montagne, les spécialistes considèrent aujourd'hui qu'elle pourrait avoir été un lieu sacré dès l'âge du Bronze. Des indices matériels suggèrent que le culte le plus ancien pratiqué à Sulaiman- Too aurait été le mithraïsme. Mithra, l'un des plus anciens dieux indo-aryens, entra plus tard dans le panthéon zoroastrien. On le considérait comme un dieu de la lumière, de l'union et de la concorde. La légende veut qu'il soit né d'un rocher dans une grotte. Les rites mithraïstes comprenaient les libations de haoma, une boisson sacrée. Les lieux de culte de Sulaiman-Too - les pierres aux gouttières polies pour les libations, les grottes (et plus particulièrement celles au sol poli incliné, imitant la naissance de Mithra dans la grotte) - pourraient être apparentés à ces cultes.
Les efforts de l'ère soviétique pour éradiquer les pratiques religieuses à Sulaiman-Too ont mené non seulement à la démolition de plusieurs bâtiments islamiques, mais aussi à un usage non authentique de la montagne, transformée en une sorte de parc public. Des karagach, une essence d'arbres non indigènes (une variété d'orme), furent plantés au bas des pentes, grâce à une irrigation assurée par des canalisations en fer. C'est à cette même époque que furent construits plusieurs nouveaux bâtiments et structures, notamment le chemin moderne d'accès des visiteurs (chevauchant partiellement l'ancien chemin des pèlerins) et la plate-forme d'observation au sommet du premier pic ; l'antenne télévisée au sommet du deuxième ; le poste frontière avec ses baraquements militaires et ses immeubles près du pied occidental de la montagne ; le centre de télévision, certains bâtiments administratifs dont les bâtiments annexes du musée, des cafés et des restaurants ainsi que la stèle commémorative qui leur fait face, au pied oriental de la montagne. L'intervention la plus irréversible est la création d'un restaurant dans la grotte naturelle de Rusha-Unkur, sur deux niveaux. C'est aujourd'hui un musée, et l'une des principales attractions touristiques.
Pendant cette même période, le paysage urbain alentour a subi des changements considérables, avec la démolition de la majeure partie des zones d'habitation traditionnelles et la construction de bâtiments modernes dans le centre historique de Osh, qui furent ajoutés pendant les travaux préparant la célébration des 3 000 ans de la ville de Osh en 2001.

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