vrijdag 9 maart 2012

India, The Jantar Mantar, Jaipur

The Jantar Mantar, in Jaipur, is an astronomical observation site built in the early 18th century. It includes a set of some 20 main fixed instruments. They are monumental examples in masonry of known instruments but which in many cases have specific characteristics of their own. Designed for the observation of astronomical positions with the naked eye, they embody several architectural and instrumental innovations. This is the most significant, most comprehensive, and the best preserved of India's historic observatories. It is an expression of the astronomical skills and cosmological concepts of the court of a scholarly prince at the end of the Mughal period.



[in French only]
Au début du XVIIIe siècle, le maharadja Sawai Jai Singh II dirige un état princier largement autonome au sein d'un Empire moghol affaibli et entré en décadence. Ses états sont dans la province actuelle du Rajasthan. En lutte contre l'Empire marathe, il affirme son pouvoir par la création d'une capitale de rang royal, Jaipur. Jai Singh II apparaît en prince éclairé, passionné d'architecture, d'urbanisme, d'astronomie et de mathématiques. Il reprend les grandes traditions d'astronomie d'observation, notamment islamique et d'Asie centrale, tout en étant ouvert aux influences européennes.
La création de l'observatoire du Jantar Mantar accompagne étroitement le projet de la nouvelle capitale, à la fin des années 1720. En 1734, deux savants jésuites français déterminent avec précision la latitude et la longitude de Jaipur. La construction suit un plan rationnel, à proximité du palais royal et au coeur de la ville, sur un site parfaitement plat et clôturé. Elle semble culminer dans les années 1734-1735, où pas moins de 23 astronomes participent au chantier en compagnie des maçons, des graveurs, etc. L'activité scientifique débute parallèlement. Les travaux de construction se poursuivent jusqu'en 1738.
L'ensemble monumental du Jantar Mantar de Jaipur reproduit de nombreux instruments déjà existants dans les cultures arabo-musulmanes, perses et occidentales : grands cadrans solaires, cercles ou sections de cercles, astrolabes, etc., en leur donnant de très grandes dimensions afin de rendre maximales leurs performances d'observation. Plusieurs innovations, pour le moins des originalités instrumentales et architecturales, sont à porter au crédit de Jai Singh II et de ses astronomes : l'architecture combinée du cadran solaire géant de Brihat Samrat Yantra et des chambres noires de Sasthamsa Yantra, le vaste cadran solaire du Jai Prakash Yantra en deux parties hémisphériques complémentaires, l'ensemble des douze instruments de Rasivalaya Yantra consacré aux douze signes du zodiaque, le dispositif très ingénieux en deux hémisphères décalées de Kapala Yantra.
Le maharadja mobilise en permanence une vingtaine d'astronomes pour effectuer une observation systématique du ciel et les calculs associés. Sur un plan scientifique, c'est un programme d'astronomie de position, dans le cadre de la cosmologie ptoléméenne, par le suivi des astres et la mise à jour des tables, par la prévision des éclipses et des événements célestes, par l'établissement et le contrôle du temps local (heure du Rajasthan) et du calendrier.
L'heure locale et la coutume de la diffuser auprès des habitants de Jaipur s'est longtemps maintenue, à partir de l'observatoire, par des roulements de tambour ou par des coups de canon. De tels rites sociaux et politiques sont possibles par la position centrale de l'observatoire au sein de la ville et à proximité du palais royal.
Par ses résultats, l'observatoire participe également à la prédiction des vents, des pluies et à l'annonce de la mousson. Il a un rôle de prédictions astrologiques tant pour la société dans son ensemble que pour les individus. Il alimente de ses résultats la rédaction d'almanachs, jusqu'à une période récente. L'observatoire est un symbole actif et une preuve quotidienne de l'exercice du pouvoir royal du maharadja Jai Singh II, qui décède en 1743.
Plus largement, l'observatoire de Jaipur apporte une contribution majeure pour compléter les tables astronomiques de Zij, issues de la science islamique. Ces résultats ont eu un rôle important dans le développement de l'astronomie en Inde et de sa diffusion dans la société hindoue. Ils sont d'autre part inscrits dans le double contexte d'une pratique rationnelle de l'astronomie et d'une importance sociale de l'astrologie.
L'entretien de l'observatoire est effectué en 1771 ; différents instruments sont réparés. Il semble que ce soit déjà la seconde intervention de ce type. Toutefois, vers 1800, l'activité astronomique est abandonnée et le bien voisine alors une fonderie de canons qui l'utilise comme annexe. Un puits est creusé et un four métallurgique est installé en limite immédiate du Grand Samrat Yantra. Dans la partie ouest, deux instruments monumentaux sont détruits au profit de l'extension d'un temple.
Une première campagne de restauration d'importance intervient durant le règne du maharadja Ram Singh II ; elle se termine en 1876. De nombreux instruments sont remis en état. Laghu Samrat Yantra prend son apparence actuelle ; Dakshinottara Bhitti Yantra est déplacé en raison du passage d'une route. Ponctuellement, de petits changements interviennent sur les monuments : des éléments en stuc sont remplacés par du marbre, des graduations en plomb sont enlevées au profit d'autres marquages. Toutefois, à la mort du maharadja (1880), l'observatoire est à nouveau abandonné.
Durant la présence britannique, l'ingénieur militaire en poste à Jaipur, A.H. Garret, entreprend une campagne de restauration, en 1901-1902. Les instruments sont complètement restaurés, voire pour certains en partie reconstruits compte tenu de leur délabrement. Les dimensions linéaires ou angulaires changent parfois un peu, comme pour le positionnement de certains éléments de l'ensemble Rasivalaya Yantra. La tendance à remplacer les surfaces graduées en mortier de chaux par du marbre s'amplifie, elle sera continuée lors des restaurations suivantes (1945). Des escaliers sont ajoutés ou prolongés ; les accès en sous-sol sont renforcés par des murs de soutènement au Jai Prakash Yantra.
À l'indépendance de l'Inde (1947) l'observatoire passe sous la responsabilité de l'État du Rajasthan, et il devient un monument protégé au titre des Monuments et Antiquités. Les interventions effectuées pendant cette période concernent surtout la réfection des enduits rouges et des opérations de pavement aux abords des monuments. Les limites du site sont redéfinies et protégées, les abords requalifiés ; une exploitation touristique se met en place.


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